Merci Anthony Bourdain

0
29

Il y a des journées qui resteront marqués dans notre mémoire. Certaines positives, d’autres moins.

Difficile d’oublier la naissance de mes enfants, une bouffée d’adrénaline digne du film « Crank » les accompagnants. Impossible de ne pas me souvenir de la date de fête de ma copine (Je me suis trompé d’une journée il y a plus ou moins 8 ans et elle s’en souvient encore et ce, même si depuis, j’ai une fiche impeccable dans le domaine).
Aujourd’hui, par contre, je vais classer cette journée dans la catégorie des mauvais souvenirs. Celles probablement gravées quelque part dans mon lobe temporal à côté de journées tel le 11 septembre 2001.

Il est environ 8:45am et je viens d’apprendre le décès du célèbre chef et grand voyageur Anthony Bourdain.

En premier j’ai cru à une farce

Pourquoi quelqu’un qui à une vie aussi magnifique, qui dégage une assurance certaine et qui à la chance de faire tout ce que je veux faire dans la vie s’enlèverait la vie?
Ridicule.

Plus les secondes passent et plus Google me confirme ce que je croyais improbable jusqu’à aujourd’hui: Anthony Bourdain est décédé. Non pas d’un empoisonnement alimentaire comme j’ai toujours imaginé son destin mais d’un suicide.
Tranquillement, je sens monter une détresse qui prend le contrôle de mon esprit. J’ai le goût de parler à quelqu’un mais comme toujours dans ces moments là, personne pendant de longues minutes.

Comment se peut-il que la mort de quelqu’un que je ne connais pas, que je n’ai jamais rencontré de ma vie me bouleverse à ce point.

Être triste, je peux comprendre. J’ai regardé la plupart de ses séries « No Réservations » jusqu’à « Parts Unknown ». Une référence pour moi dans le domaine des séries télévisés sur le voyage car, contrairement à la plupart des émissions portant sur le genre, il avait une manière d’aborder les thèmes de façon intelligente, de manière originale, avec un humour propre à lui. Il ne jouait pas à la vedette laissant toute la place à ses invités.
Maintenant, en y pensant bien, être bouleversé, est tout à fait normal.

Anthony Bourdain pour moi était mon idéal. le but à atteindre. Je répétais sans cesse à ma copine que ce que je voulais être c’est lui. Pas Justin Trudeau (J’aime bien essayer des costumes traditionnels de d’autres pays par contre), mais bien Anthony Bourdain, celui qui à semblait-il réussis à combattre ses problèmes personnels et qui semblait heureux.
Je veux voyager un peu partout. Découvrir de nouvelles contrées. Des endroits où aucun asiatique avec un « Selfi-stick » ne pourrait ruiner mon expérience (J’ai dans la tête Venise en ce moment). Je veux partager mes découvertes. Montrer aux gens que le monde n’est pas fait de clichés sans cesse ressassés aux heures de grandes écoutes pendant le téléjournal.

Le suicide de Tony Bourdain c’est en quelque sorte la mort de mon rêve. Une porte qui se ferme, brusquement. Un retour à la réalité. Un retour en arrière.

C’est probablement ce qui fait le plus mal dans cette histoire. L’être humain m’était inconnu. Par contre, le symbole de mon rêve, était bien présent dans mon quotidien. Un rêve que je dois ré-évaluer.

Écrire des articles pour le monde du voyage est un métier difficile. De nombreuses heures s’empilent pour chacun d’eux.

Il a mentionné qu’il voyageait au moins 250 jours par année pendant une entrevue.
C’est énorme! Gigantesque même!

Je pars deux semaines en vacances et je reviens plus fatigué qu’à mon départ. Pourtant, je n’ai pas de recherche à effectuer avant, ni aucune rédaction après, lors de mon retour.
Le hasard veut que cette fin de semaine je sois seul à la maison sans femme ni enfants. Une journée passé loin d’eux me semble interminable. Je n’ose imaginer deux semaines ou un mois. Encore moins 250 jours. L’exercice ne peut être sain pour quelqu’un de normal.
Présentement, la télé et autres publications en ligne ne cesse de spéculer sur les raisons de son suicide. Comme si, raison il se devait. Certains parlent d’égoïsme sans avoir lu la définition j’imagine… D’autres concluent sans savoir à des problèmes de coeur comme si c’était la seule raison possible de commettre un geste irréversible.

Égoïsme: Attachement excessif à soi-même qui fait que l’on recherche exclusivement son plaisir et son intérêt personnel.

Personnellement, je me fou de la raison. Une porte s’est fermée. Une autre est maintenant prête à être ouverte.

Tu es parti pour un long voyage dans une contrée inconnue. L’inspiration elle, sera toujours présente, telle une flamme qui ne peut s’éteindre. Les bons moments réchaufferons le vide profond laissé par ton départ.

Merci Anthony Bourdain.

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

S'il-vous-plait entrez votre commentaire!
Entrez votre nom ici

quatorze − 1 =